J'ai
écrit ça hier soir, poussée par je ne sais
quelle inspiration ^^ Bonne lecture !
J'ai dormi cette nuit. Pas de bruits, pas de nuages dans
mon ciel... pas de murmures incompréhensibles, de cris
intimidants. Pas un bruit durant ma nuit.
Cela faisait longtemps que rien ne m'avait perturbée durant
mon sommeil. J'avais fini par m'y habituer. Autant dire que
malgré le silence autour et en moi, je n'ai
pas gardé l'oeil fermé souvent. Nombreux
réveils en sursaut guettant le moindre quelque chose que
j'avais l'habitude d'entendre avant. Plus rien !
Quand le soleil point à l'horizon, je suis
déjà assisse au pied d'une arbre à l'attendre,
à les attendre. Pourquoi ne viennent-ils pas à moi ?
Ils me manquent presque... non ils me manquent tout court. Toutes
ces années avec eux comme vraie seule compagnie. Eux pour me
mener plus loin que ma petite clairière. Si j'en sors, je
deviendrais prisonnière de la démence... Mais seule
ainsi, ne le suis-je déjà à m'attacher
à eux qui me menent vers ceux que j'aime ? Ceux qui sont
trop loin de moi mais dont je ne rêve que la présence
comme ils rêvent de la mienne à leurs
côtés. J'ai fini par me faire à cette
idée que c'était séparée d'eux que j'y
arriverais...
Et ce matin y suis-je finalement arrivée ? Ai-je
réussi sans m'en rendre compte ? Vais-je pouvoir retourner
chez moi et avoir enfin de vraies relations, de vrais contacts avec
des gens vivants et non plus seulement leurs murmures dans ma
tête ? Presque je n'y croyais plus...
L'autre fois, je l'ai renvoyé froidement lui qui vient me
voir régulièrement me porter ce dont j'ai besoin,
être l'épaule de mes pleurs
désespérés, devenir le miel par ses baisers,
la douceur par ses caresses, mon soleil par son amour... Il
continuait à y croire, peut-être aurais-je du me fier
à lui ? Il s'accrochait là où je voulais
tomber et il me retenait. Sans lui et sans les autres à
travers lui, voilà longtemps que je me serais tuée.
Quelle peut être la raison de vivre d'un être qui doit
rester isolé ? d'un être qui dans des siècles
serait enfermé dans une pièce capitonnée de
blanc pour moitié moins dit que tout ce que j'entend...
Mais si j'entend, c'est qu'il y a une raison. Je ne suis pas
folle... Ces voix ne viennent pas de moi mais des autres. Ce sont
leurs mots, leurs phrases, leurs expressions, leurs pensées.
Tout ce qu'ils pensent, je l'entend. Mon isolement n'empêche
pas ce phénomène. Car o que je puise aller, il y aura
toujours des hommes à proximité. Et même
si celle-ci peut sembler grande, ce diable dans ma tête
s'en fout et m'apporte quand même les moindres murmures
pensés.
Je l'appelle un diable ou un démon mais il est une chose
qui est en moi depuis toujours. Longtemps tenu enfermé, je
l'ai libéré... Ce n'était pas pure sottise
à l'époque... Mes raisons étaient claires et
je pensais bêtement le remettre derrière sa porte une
fois ma mission terminée. Mais évidemment, il ne
s'est pas laissé faire. Et depuis ce temps je me
débats avec lui pour qu'il me laisse tranquille. Il n'est
pas foncièrement mauvais puisqu'il est une chose
immatérielle n'ayant ni conscience ni pensées. Mais
il est mauvais pour moi comme il a été mauvais pour
d'autres. Il est mon pouvoir car tel a été le choix
des Puissances au dessus de tout. Les autres sorciers vivent bien
avec leurs pouvoirs mais celui-ci est si immaîtrisable qu'il
cause la folie et entraine souvent la mort de son porteur. La
mort...
Serait-ce lui le perdant cette fois ? Cela me semble
invraisemblable... J'ai arrêté de me battre, mon corps
et mon âme n'en pouvant plus. J'usais la moindre de mes
forces et dépérissait inexorablement. Alors j'ai
arrêté. Je pouvais vivre avec lui même si
c'était loin des hommes, même si la solitude est
mortelle à la longue. Entraine-t-elle la mort et le
désespoir plus que le pouvoir en lui même ? Je ne sais
pas !
J'avais abandonné, résolue à mon sort
quelqu'il soit...
Et voilà que plus rien... plus un bruit, une
pensée dans ma tête... Le calme... que mes propres
mots, mes propres réflexions. Prudente, je ne veux pas me
rejouir trop vite et profite simplement du silence. Les arbres ne
bruissent pas à la brise légère du matin, les
abeilles bourdonnent silencieuses dans leur vol, les oiseaux se
font muets comme conscients de la paix qui m'envahit.
Le soleil a juste le temps de se montrer franchement que mon
quotidien reprend sous l'envol d'un doux rêve.
Tifet
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